Eric Oliva

Auteur

« Je me définirais comme un flic
qui aime son métier »
 

A l'aune de votre métier, quel regard portez-vous sur le polar aujourd'hui ?

Il est vrai que de nos jours, qu’ils soient écrivains ou cinéastes, ceux qui contribuent à faire vivre ces domaines essaient d’avoir une vision du polar au plus près de la réalité, ce qui n’est pas pour me déplaire. 

Avec des réalisateurs et réalisatrices comme Marchal ou Maïwen, on est au cœur du métier, sans fioriture et avec un minimum d’extrapolations qui ont fait râler bon nombre de flics durant de nombreuses années. Certains auteurs comme Marc La Mola  ou René Caplan éditent au plus près du contexte de ce que nous retrouvons dans la rue, lors de nos missions. Bien que ça ne plaise pas à tout le monde, je trouve que notre métier mérite cette ouverture d’esprit qui rappelle la dure réalité de ce qu’il est vraiment.

Comment vous définiriez-vous ?

Je me définirais comme un flic qui aime son métier, même si le terme flic semblait péjoratif il y a quelques temps, ce dernier est depuis entré dans le langage courant. Un épicurien de la Police.
Puis avec les années, on évolue, on a une autre approche des choses et de la vie, j’ai donc eu envie de donner aux autres ce qui me trottait dans la tête, ces petites histoires qui agrémentent l’imaginaire et que de nombreuses personnes ont envie un jour ou l’autre de mettre par écrit ou sur la toile. L’écriture m’a donc gagné. Autodidacte, la tâche a été particulièrement difficile, pas tant sur le point de l’écriture, mais plus certainement lors de la sortie des romans.

Vous venez de publier votre second roman, et vous avez fait le choix de l'auto-édition, pourquoi ?

Comme de nombreux auteurs à présent, je me suis dirigé vers l’auto-édition car il devient de plus en plus compliqué d’atteindre les Maisons d’édition. Celles-ci sont frileuses quant aux auteur-e-s inconnus (même si je ne leur jette pas la pierre, loin de là), mais à force d’entendre des anecdotes sur ce sujet, on devient également paranoïaque - les manuscrits envoyés et non lus, les comités de lecture qui ne se fient qu’aux noms figurant sur lesdits manuscrits, les courriers reçus par certaines maisons d’édition (voire toutes) à compte d’auteurs qui vous demandent de participer à l’édition de votre roman, etc.
Pour toutes ces raisons, j’ai trouvé que l’auto-édition me convenait pour le moment. Bien entendu, si une vraie maison d’édition me sollicitait, j’en serais ravi.
Il y a certains avantages à s’auto-éditer (un minimum de contraintes, tarifs abordables, liberté de l’écriture, diffusion large des œuvres), mais cela comporte également plusieurs inconvénients : si vos œuvres sont largement diffusées sur la toile, vous êtes tout de même votre propre VRP et vous vous rendez compte que l’impact publicitaire est rapidement atteint une fois que vous avez fait le tour de la famille, des amis et collègues. Ensuite la seule continuité publicitaire qui peut en être faite est au niveau des réseaux sociaux, notamment avec Facebook et les commentaires du roman qui sont régulièrement postés sur les sites d’achats.

Si vous deviez faire une dédicace aujourd’hui, pour qui serait-elle ?

Tout d’abord, à tous mes collègues qui ont perdu la vie en faisant ce métier. Ensuite à ma femme qui m’a supporté tout au long de ces longues heures d’écriture nocturnes et diurnes.

 

 


Eric Oliva, auteur et policier, a publié récemment Peter (éd. Books on Demand)



 

 

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